LES
CHAMPIGNONS TOXIQUES
(Nicolas CHIRON,
Patrick LIBOUREL Septembre 2002)
Chaque
année la consommation de champignons est responsable
de plusieurs milliers d'intoxications dont certaines sont mortelles.
Ce
document vous présentera les espèces dangereuses, les confusions possibles et
les différents symptômes d'empoisonnement.
On
distingue 9 syndromes liés à l'ingestion de champignons contenant des substances toxiques, que
l'on peut diviser en deux groupes : ceux montrant des syndromes
tardifs avec un temps d'incubation supérieure
à 6 heures et ceux montrant des syndromes
précoces avec un temps d'incubation inférieur
à 6 heures.
- Syndromes Tardifs
-
- 1: Syndrome
Phalloïdien
- 2: Syndrome
Orellanien
- 3: Syndrome
Gyromitrien
-
- Syndromes Précoces
-
- Affectant
les système nerveux
- 4: Syndrome
Muscarinien ou Sudorien
- 5: Syndrome
Panthérinien
- 6: Syndrome
Psilocybien
-
- Affectant
divers systèmes
- 7: Syndrome
Coprinien
- 8: Syndrome
Paxillien
- 9:
Syndrome Résinoïdien
-
- 10: Syndrome de Rhabdomyolyse
- 11: Syndrome Erythermalgique
-
- Autres Cas
En
cas d'intoxication que faire ?
1 : SYNDROME PHALLOIDIEN
Champignons responsables
Amanite phalloïde (Amanita phalloides (Fr.) Link.) ;
Amanite vireuse (Amanita virosa Lamarck)
Lépiotes mortelles :
Lépiote brun incarnat (Lepiota brunneoincarnata Chodat &
Martin) ;Lépiote brune ( Lepiota helveola Bresadola),
L. subincarnata, L.josserandii, L.brunneolilacina, L.helveoloides,
L.pseudohelveola, L.cristata
Galère marginée (Galerina
marginata Kühn) ®
dose mortelle : 70 champignons (150 g) (confusion possible avec la
Pholiote changeante)
- Description
de l'Amanite Phalloïde
- Chapeau: hémisphérique (5 à 15 cm), puis plat, teinté de
jaune-vert, vert olive, strié de fibrilles rayonnantes brunes (la pruine). Il
existe aussi des formes blanches.
- Lamelles: blanches, libres, très serrées, inégales.
- Pied: blanc tigré de petits flocons, dans la partie
supérieure: anneau membraneux, strié, blanc et persistant ; à la base:
volve blanche en forme de sac ample.
- Chair: blanche, faible odeur de rose fanée.
Confusions possibles
Amanite
citrine, Russule
charbonnière, Russule vert-de-gris, Tricholome équestre, Agaric comestible
- Habitat: Europe: bois de feuillus (chênes) ou à aiguilles;
juillet-octobre, terrains variés (calcaires, siliceux).
- Répartition mondiale: États
Unis, Mexique, Chili, Malaisie, Inde, Afrique du sud, Australie.
-
- Délai d'apparition: 10 à 12 heures en moyenne. En France, plusieurs
dizaines d'intoxiqués / an (plus de 90 % des intoxications mortelles). Dose
létale : un chapeau (30-50 g)
- Signes
et symptômes
- Troubles digestifs: diarrhées abondantes et vomissements incessants( 1-2 j) è état de déshydratation sévère atteint en 2 à 6 h,
déficit en ions, chute de tension, crampes abdominales.
- Atteinte hépatique: destruction des cellules du foie, (rétention de
bile, encéphalopathie).
- Insuffisance rénale
organique. Déficit en facteurs de coagulation (facteur V) è hémorragie digestive.
- Dans les formes graves,
après un coma, la mort peut survenir après 6 à 8 jours dans 10 à 30 % des
cas d'intoxications par ce type de champignon.
- Toxines
et mécanismes d'action
- Les principales toxines: les
amanitines a et b (octapeptides cycliques) bloquent la synthèse des
protéines dans les cellules. L'a-amanitine détruit, en particulier, les cellules du
foie.
- Traitement
(indication provenant de revues médicales -
Il faut impérativement consulter un médecin et ne pas faire
d'automédication, ou proposer un tel traitement à une tierce
personne sans avis médical)
- Lavage gastrique, perfusions
intraveineuses de sérum glucosé, pénicilline G, silymarine (extrait de
Chardon-Marie, plante méditerranéenne), vitamine C, Ercefuryl, transplantation
du foie.
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2: SYNDROME ORELLANIEN
- Champignons
responsables
-
- Cortinaire couleur de rocou
(Cortinarius orellanus Fries)
- Autres:
Cortinaire très élégant ( C. speciosissimus
= rebellus Kühner et Romagnesi.).
-
- Description
- Chapeau:convexe (3-8 cm), fauve
orangé flamboyant, pelucheux, légèrement mamelonné ; cortine blanc crème.
- Lamelles:
larges, épaisses, jaune souci (reflets rouge feu) ; espacées, inégales.
- Pied:
cylindrique, plein, lisse ou orné de fibrilles jaunes puis fauve doré,reste
de cortine (« toile d’araignée »)
- Chair:
jaune-roux, fauve ; dégage une odeur de rave.
-
- Confusions possibles :
- Chanterelle,
Tricholome équestre
-
- Habitat:
plaine, feuillus (bouleaux, chênes, châtaigniers), ou montagne (hêtres,
conifères), sur sols acides, été-automne.
-
- Délai d'apparition:
2 à 20 jours.
-
- Signes et symptômes
- Phase pré-rénale:
troubles digestifs: vomissements, nausées, diarrhées (inconstants), sensations
de soif intense, de brûlures des lèvres ; douleurs lombaires, fatigue, maux
de tête, frissons, sueurs nocturnes (sans fièvre).
- Phase rénale:
insuffisance rénale aiguë progressive (69% des cas).
- Urines: présence de leucocytes, hématies,
albumine. Plasma: élévation de l'urée, créatinine, sodium. Néphrite tubulo-interstitielle.
Phase de guérison: lente.
- Insuffisance rénale chronique
(30 à 50 % des cas après 8 jours) è
Dialyses, transplantation pour restaurer la fonction rénale. Il est prudent
de rejeter tout cortinaire présentant des traces rouge orangée.
-
- Toxines et
mécanismes d'action
- Orellanine, toxique pour les cellules
rénales par formation de radicaux libres (?).
- Le rein est le principal organe cible.
- Dose létale : 2 ou 3
champignons (100 g)
-
- Traitement
(indication
provenant de revues médicales - Il faut impérativement consulter
un médecin et ne pas faire d'automédication, ou proposer un
tel traitement à une tierce personne sans avis médical)
- Prise en charge: charbon actif, recensement
et examen de la fonction rénale des convives, hémodialyse, transplantation
rénale, recherche d'orellanine.
- Ne pas administrer un diurétique comme
la furosémide.
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- 3 :
SYNDROME GYROMITRIEN
-
- Champignons responsables
- Gyromitre
« comestible » (Gyromitra esculenta Fr.),Gyromitre géante
( G.gigas Cooke)., Gyromitre en turban (G. infula Quel.),
(G.fastigiata Kromb), des Helvelles (Helvella crispa,
H.lacunosa).
-
- Description
:
- Chapeau:
large (5-10 cm), creusé de plis rappelant le cerveau, brun-marron
- Pied:
court, épais, moins tourmenté et plus clair que le chapeau, blanchâtre ou
rosé.
- Chair:
ferme, mince, fragile, blanchâtre ; saveur douce, léger parfum fruité.
-
- Confusions
possibles :
- Morilles
-
- Habitat:
Pays Scandinaves, en Europe centrale.
- France : surtout sous les pins dans
les landes à bruyères en terrains siliceux (fin de l'hiver : mars à mai)
.
-
- Le gyromitre ou fausse morille (Gyromitra
esculenta) est un champignon abondant en Europe de l'Est, mais qui n'est
pas rare dans l'Est, le centre et le midi de la France.
-
- Délai d'apparition:
6 à 24 heures.
-
- Signes et symptômes
- Gastro-entérite:
nausées, vomissements, crampes, douleurs abdominales.
- Troubles
neurologiques: vertiges, incoordination
motrice, troubles de la conscience, convulsions, coma, agitation, fièvre,
fatigue.
- Troubles digestifs :
vomissements puis une hépatite toxique cytolytique et une insuffisance rénale
organique.
- Les intoxications par Gyromitra esculenta
sont rares en France mais fréquentes en Europe de l'Est. Les formes mortelles
sont rares (2-4 %) et habituellement due à une atteinte massive du foie.
-
- Toxines et
mécanismes d’action
- Les helvelles, le gyromitre, contiennent
une toxine thermolabile et volatile : la gyromitrine qui donne, par hydrolyse,
la méthyl-hydrazine, responsable d'un syndrome hépatorénal sévère. Elle
induit un déficit de synthèse en acide gamma-aminobutyrique (GABA).
-
- Traitement
(indication
provenant de revues médicales - Il faut impérativement consulter
un médecin et ne pas faire d'automédication, ou proposer un
tel traitement à une tierce personne sans avis médical)
- Perfusion intraveineuse de vitamine
B 6, tranquillisant, anticonvulsivant (diazépam).
-
-
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- 4 :
SYNDROME MUSCARINIEN ou
SUDORIEN
-
- Champignons responsables
-
- Inocybe de Patouillard
(Inocybe patouillardii Bresadola), I. fastigiata,
I.geophylla (en tout 40 espèces d’Inocybes) et une quinzaine
de Clitocybes blancs (Clitocybe dealbata, C.rivulosa, C.candicans,
C.cerussata, C.phyllophylla)
- Description
de l'Inocybe de Patouillard
- Chapeau:
de 7 cm, convexe à conique, campanulé, nettement mamelonné, bords fendus.
- Lamelles:
blanches, deviennent brun olivâtre ; arête blanche.
- Pied :
cylindrique, zoné de brun rouge, la chair rosit dans le pied.
- Chair
devient rouge à l'écrasement, odeur écoeurante « spermatique »
-
- Confusions possibles :
- Grisets ou Tricholome terreux (Tricholoma
terreum), Mousserons de la Saint-Georges
(Tricholoma georgii)
-
- Habitat::
chemins, parcs (tilleuls), bois aérés de feuillus, sol calcaire ; mai-juillet.
-
- Délai d’apparition:
15 minutes à 2 heures. (régression des symptômes en 2 heures)
-
- Signes et symptômes
- Syndrome cholinergique:
exagération des sécrétions: sueurs, larmoiement, salivation, rhinorrhée.
Pupille rétrécie, vomissements, ralentissement du cœur, contraction
des muscles lisses (bronches et tube digestif).
- Il ne faut consommer aucun inocybe.
-
- Toxines et
mécanismes d’action
- Muscarine (structure proche de l'acétylcholine).
- Mode d'action: activation durable des
récepteurs de l’acétylcholine (messager chimique des neurones) associés
à des glandes et certains muscles.
-
- Traitement
(indication
provenant de revues médicales - Il faut impérativement consulter
un médecin et ne pas faire d'automédication, ou proposer un
tel traitement à une tierce personne sans avis médical)
- Atropine (alcaloïde de la belladone,
plante toxique) en injection intraveineuse.
-
-
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- 5 :
SYNDROME PANTHERINIEN
-
- Champignons responsables
-
- Amanite tue-mouches
(Amanita muscaria Hooker), Amanite panthère (Amanita pantherina
Krombholz), Amanita regalis Mich.
-
- Description
de l'Amanite Tue-mouches
-
- Chapeau: de
8 à 20 cm, cuticule rouge éclatant, parsemée de grosses pustules blanches ;
marge striée.
- Lamelles:
blanches, inégales, élancées.
- Pied
: blanc (25 cm), couvert de peluches. Anneau: ample, persistant. Bulbe floconneux
orné de bourrelets concentriques.
- Chair :
blanche, jaune orangé sous la cuticule.
-
- Confusions possibles :
- Amanite épaisse, amanite vaginée, amanite des Césars,
amanite vineuse ou golmotte
-
- Habitat::
bois de conifères ou de feuillus (bouleaux), en terrain acide ;
août-octobre.
-
- Délai d'apparition:
30 min à 2 heures.
-
- Signes et symptômes
- Troubles digestifs (inconstants),
troubles neurosensoriels (état d'excitation, agitation, euphorie,
délire), état de torpeur, abattement, sommeil profond, convulsions, coma
= formes sévères).
- Troubles cardiovasculaires rares.
- Les symptômes disparaissent en moins
de 48 heures (2 à 10 heures en moyenne).
-
- Toxines et
mécanismes d'action
- Dérivés isoxazoles, acide iboténique
et son dérivé le muscimol.
- Fixation sur les récepteurs au niveau
du cerveau.
- Le muscinol se fixe sur les récepteurs
du GABA (acide gamma amino-butyrique). L’action
est d’abord excitatrice puis inhibitrice.
-
- Traitement
(indication
provenant de revues médicales - Il faut impérativement consulter
un médecin et ne pas faire d'automédication, ou proposer un
tel traitement à une tierce personne sans avis médical)
- Mise au calme, benzodiazépines, physostigmine.
Ne pas administrer d’atropine.
-
-
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- 6 :
SYNDROME PSlLOCYBIEN
-
- Champignons responsables
-
- Psilocybe fer de lance
(Psilocybe semilanceata (Fr.) Kummer ), Paneolus subalteatus,
P. fimicola,
-
- Description
-
- Chapeau:
pointu, étiré en bonnet de lutin, mamelon très effilé, jaune pâle brillant
(psilocybe = tête chauve).
- Lamelles:
blanc crème puis bistres ; position quasi verticale, serrées.
- Pied:
jaune pâle, très mince (2-3 mm) et haut (8-12 cm) ; flexueux.
- Chair:
jaune pâle de couleur ochracée, typiquement lavée de bleu verdâtre.
-
- Confusions possibles :
- Les intoxications sont souvent volontaires
-
- Habitat:
Europe, prairies, pâturages, terrains herbeux humides et acides ; septembre-décembre.
-
- Délai d'apparition :
30 minutes à 1 heure (duré d’action 4 heures)
-
- Signes et symptômes
- Agitations,
incoordination musculaire, hallucinations visuelles (couleurs vives, contours
flous, visions avec les yeux fermés...) troubles sensoriels en général,
renforcement de l'acuité visuelle et auditive, diminution de la concentration,
hilarité, euphorie ou angoisse.
- Sentiments d'irréalité, des rêves et
discours incoordonnés, ainsi que des perturbations des perceptions du temps
et de l'espace.
- Lorsque les quantités sont plus importantes,
des troubles cardiovasculaires (tachycardie, hypertension), des convulsions,
un coma peuvent survenir.
-
- Toxines et
mécanismes d'action
- Psilocybine, psilocine (alcaloïdes indoliques).
-
- Traitement
(indication
provenant de revues médicales - Il faut impérativement consulter
un médecin et ne pas faire d'automédication, ou proposer un
tel traitement à une tierce personne sans avis médical)
- Vomissements provoqués, lavage gastrique,
mise au repos, sédatifs (benzodiazépines ou haloperidol chez les patients
agités), surveillance.
-
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-
- 7 :
SYNDROME COPRINIEN
-
- Champignons responsables
-
- Coprin noir d'encre
(Coprinus atramentorius Bull. ex Fr. )
-
- Description
- Chapeau:
en forme d’œuf (6-7cm), couleur crème ou gris cendré, petites
écailles au sommet
- Lamelles:
grisâtres puis roses, elles se liquéfient en encre
noire.
- Pied:
rétréci à la base, anneau fugace sous forme de bourrelet
- Chair:
fine, comestible jeune s’il n'y a pas d'ingestion d'alcool.
-
- Confusions possibles :
- Coprin chevelu
-
- Habitat::
bois clairs ou en lisière, sur le bois en décomposition, humus ; printemps-automne
-
- Délai d'apparition:
30 minutes après l'absorption de boissons alcoolisées, et durant les 3 jours
(à 5 jours) qui suivent la consommation de coprin noir d'encre.
-
- Signes et symptômes
- Perturbation du système nerveux
sympathique. Peut survenir une sensation de malaise, rougeur cutanée et
sensation de gonflement du thorax et du visage (bouffées de chaleur), céphalées,
sueurs, tachycardie, hypotension.
-
- Toxines et
mécanismes d'action
- Coprine. Pour être active, elle doit
être hydrolysée en 1-aminocyclopropanol.
- Ce produit bloque l'acétaldéhyde déshydrogénase,
enzyme impliquée dans la dégradation de l’alcool.
-
- Traitement
(indication
provenant de revues médicales - Il faut impérativement consulter
un médecin et ne pas faire d'automédication, ou proposer un
tel traitement à une tierce personne sans avis médical)
- Proscrire la prise d’alcool pendant
3 à 5 jours, b-bloquant.
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-
- 8 :
SYNDROME PAXILLIEN
-
- Champignons responsables
-
- Paxille enroulé
(Paxillus involutus Batsch Fries)
-
- Description
- Chapeau:
convexe (6-15 cm), marge enroulée, déprimé au centre ; cuticule brun cannelle.
- Lamelles:
décurrentes, anastomosés à la base, tâchées de brun rouge au froissement,
se détachant facilement avec l’ongle.
- Pied:
évasé sous les lames (4-5 cm), plus clair que le chapeau.
- Chair:
épaisse, molle, jaunâtre, vire au brun rougeâtre à l'air.
-
- Confusions possibles :
- Chanterelle
-
- Habitat:
bois de feuillus et conifères. Printemps-automne.
-
- Délai d'apparition
- 1 à 3 h après une seconde ingestion.
-
- Signes et symptômes
- Hémolyse aiguë, urines: présence d’hémoglobine.
- Insuffisance rénale :
augmentation de la créatinine dans le plasma, nausées, vomissements,
diarrhées, douleurs abdominales, baisse de la tension artérielle, perte
de connaissance, reins douloureux à la palpation.
-
- Toxines et
mécanismes d'action
- Antigène inconnu (petit polypeptide ?).
-
- Mécanisme immuno-allergique : première
consommation è
formation d’anticorps IgG spécifiques. Ingestions suivantes : l’antigène
du paxille se complexe avec les anticorps formés è
destruction des globules rouges.
- Risques d’accidents hémolytiques
sévères d’où la recommandation : ne plus consommer le paxille enroulé.
-
- Traitement
(indication
provenant de revues médicales - Il faut impérativement consulter
un médecin et ne pas faire d'automédication, ou proposer un
tel traitement à une tierce personne sans avis médical)
- Administration de charbon activé, lavage
gastrique, épuration extrarénale, exsanguinotransfusion
-
-
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- 9 :
SYNDROME RESINOIDIEN
-
- Champignons responsables
-
- Nombreux champignons :
Entolome livide (Entoloma lividum Quélet), Bolet de
Satan (Boletus satanas Lenz), Tricholome soufré (Tricholoma sulphureum
Kummer) , Russule émétique (Russula emetica)
etc.
- Fréquent : plus de 60 % des intoxications
par champignons.
-
- Description
de l'Entolome livide
- Chapeau:
épais, bords enroulés puis plan lisse, blanc à gris blanchâtre, stries brunes.
- Lamelles:
larges, peu serrées, échancrées, jaunâtres puis saumonées.
- Pied:
blanc épais, robuste, élargi à la base, strié sur sa longueur.
- Chair:
épaisse, dégage une odeur de farine fraiche.
-
- Confusions possibles :
- Avec l’Entolome livide :
Tricholome de la Saint-Georges, Clitocybe nébuleux
- Avec le Bolet de Satan :
Bolet blafard, Bolet à pied rouge, Bolet de Quélet
-
- Habitat
- Bois clairs de feuillus (châtaigniers,
chênes), sols argileux, été-automne
-
- Délai d'apparition
- 15 minutes à 6 heures après un repas
de champignons.
-
- Signes et symptômes
- Troubles digestifs isolés : gastro-entérite,
vomissements, douleurs abdominales, diarrhées.
- Pour l’entolome livide : troubles
digestifs graves, crampes épigastriques, vomissements, coliques, bradycardie,
dyspnée, gastrite hémorragique dans les cas graves.
-
- Toxines et
mécanismes d'action
- Divers composants
suspects, dérivés phénoliques, sesquiterpènes….
- Irritation directe
de la muqueuse digestive induisant une diarrhée.
-
- Traitement
(indication
provenant de revues médicales - Il faut impérativement consulter
un médecin et ne pas faire d'automédication, ou proposer un
tel traitement à une tierce personne sans avis médical)
- Réhydratation orale et antiémétiques,
hospitalisation chez les personnes fragiles (personnes âgées, enfants, femmes
enceintes).
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10. SYNDROME DE RABDOMYOLYSE
Champignons responsables
Tricholome équestre (Tricholoma flavovirens)
Description
Chapeau: atteint 10 cm, mamelonné, jaune orangé à bronzé au disque,
squamuleux au centre.
Lamelles: serrées, jaune vif.
Pied: jaune vif 10 cm de haut
Chair: jaune vif
Habitat:
Forêt sableuse de conifères, surtout atlantique
Signes et symptômes:
Douleurs musculaires importantes, diffuses, fatigabilité musculaire. Sueurs
abondantes sans fièvre, rarement des nausées. Rhabdomyolyse : destruction des
muscles striés, libération de composants (enzymes, myoglobine) de 1a cellule
musculaire. Elévation de l'activité des enzymes musculaires (créatine kinase).
Le tricholome équestre est incriminé dans des cas de destructions musculaires.
Cet effet semble apparaître après consommation excessive de ce tricholome par
une personne présentant une sensibilité particulière.
Toxines
: Inconnues
Traitement
(indication
provenant de revues médicales - Il faut impérativement consulter
un médecin et ne pas faire d'automédication, ou proposer un tel
traitement à une tierce personne sans avis médical)
:Perfusions de solutions de chlorure de sodium. Injection d'un antagoniste
du récepteur de l'endothéline.
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11. SYNDROME ERYTHERMALGIQUE
Champignons responsables
Clitocybe à bonne odeur (Clitocybe amoenolens Malençon)
Description
Chapeau: convexe à plan (4- 7 cm), largement déprimé.
Lames : crème à reflets rosâtres, moyennement serrées.
Pied : subcylindrique, parfois atténué en haut ou en bas, renflé à la
base, pruineux au sommet
Chair : épaisse dans le chapeau, un peu élastique
Odeur : forte, aromatique, de seringat ou de Jasmin, d'alcool de poire,
rappelant celle de Inocybe bongardi
Habitat
: nord de 1a vallée de 1a Haute Maurienne, litières de mélèzes, altitude 1200-1800
m: sud des Alpes Maritimes (vallées sèches), Hautes-Alpes (pins), fin août -début
septembre, Maroc (sous cèdres).
Signes et symptômes:
Aucune manifestation gastro-intestinale, douleurs intenses aux extrémités des
doigts et des orteils accompagnées de troubles vasomoteurs (œdèmes, sensations
de chaleur locale).
Toxines:
Acides acroméliques A et B; acides amines hétéroaromatiques de la famille des
kaïnoides de structure proche de l'acide L-glutamique.
Traitement (indication
provenant de revues médicales - Il faut impérativement consulter
un médecin et ne pas faire d'automédication, ou proposer un tel
traitement à une tierce personne sans avis médical)
Immersion prolongée des membres atteints dans l'eau froide, antalgiques (peu
efficaces), séquelles de type " pied de tranchée dues aux recours excessif aux
bains d'eau glacée.
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- Autres
intoxications
-
- Syndrome hémolytique :
- Concerne des champignons crus ou insuffisamment cuits, dont les toxines
sont éliminées par la cuisson. Ils provoquent des diarrhées et
vomissements, mais peuvent avoir de sérieuses conséquences dans certains
cas.
-
- Champignons à effet laxatif :
clavaire jolie, bolets visqueux du genre Suillus
lorsqu’on ne les a pas débarrassés de leur pellicule visqueuse.
-
- Les réactions des individus à certaines toxines sont très variables.
Certains supportent ces toxines mieux que d’autres. Des espèces telles
que l’agaric jaunissant ou le paxille
enroulé, toxiques pour une personne, seront sans effet sur une autre.
- Même les champignons comestibles peuvent provoquer des intolérances
occasionnelles, ce qui est le cas de l’armillaire
couleur de miel ou du clitocybe nébuleux, voire du champignon de Paris.
-
- Il faut éviter de consommer les sujets trop âgés qui sont souvent véreux
et sur lesquels se développent des moisissures provoquant des douleurs
gastro-intestinales ou des diarrhées.
-
Intoxications extrinsèques
Elles sont dues, non pas au champignon lui-même, mais
à des produits toxiques accumulés par celui-ci. Les principaux problèmes liés
à ce phénomène sont relatifs à deux cas principaux
A/ Métaux lourds :
La récolte et la consommation de champignons ayant poussé le long de la
route et autoroutes, près d’industries polluantes, etc., peut amener
l’ingestion de quantités énormes de métaux lourds et autres polluants. En
effet, certains champignons, dont d’excellents comestibles, ont la faculté
d’accumuler ces éléments ou molécules dans leur mycélium, puis dans les
sporophores. On a signalé des taux de plomb et de mercure largement supérieurs
aux normes préconisées par l’OMS. Une consommation répétée de
tels champignons pourrait conduire à des cas de saturnisme par exemple
(intoxication par le plomb). Ce type de pollution est particulièrement
sournois, et parfois peut se manifester assez loin de la source directe de
polluants. On conseille donc actuellement de ne pas répéter les repas à
base de champignons. Certains préconisent très sérieusement de se limiter
à deux ou trois repas par an !
B/ Radioéléments :
La pollution par les éléments radioactifs est également un problème
d’actualité très sérieux. Les conséquences de la catastrophe de
Tchernobyl, mais aussi les essais nucléaires, et les multiples causes de
faibles doses de radioactivité ambiante, peuvent se manifester au niveau des
champignons qui accumulent également ces éléments. On a, là encore, mesuré
des doses largement supérieures aux normes OMS. Quelques bons comestibles
comme Laccaria amethystina, Xerocomus
badius, par exemple sont d’excellents accumulateurs de radioéléments
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Bibliographie
sommaire
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